Transformer les défis en opportunités : le modèle COZI, une nouvelle dynamique pour le secteur des soins

Ceux qui travaillent dans le secteur des soins de santé connaissent ce sentiment : vous voulez faire la différence, mais, en cours de route, vos bonnes intentions se heurtent à des obstacles et à des frustrations. Pour changer la donne, la chercheuse Sarah Verreyken et son équipe ont élaboré le modèle COZI, un modèle holistique, mais surtout très pratique, qui donne enfin une véritable chance au changement positif.
« Par leur engagement, leur enthousiasme et leurs convictions, de nombreux travailleurs du secteur des soins veulent faire progresser les choses, que ce soit les bénéficiaires, leur équipe ou leur organisation », explique Sarah Verreyken, orthopédagogue clinicienne et psychothérapeute qui travaille aujourd’hui comme chercheuse et chargée de cours à la Haute École AP d’Anvers.
« Les plans d’action se multiplient donc, mais ils se heurtent trop souvent à différents types d’obstacles et finissent par ne pas aboutir. » Au final, malgré les bonnes intentions et l’énergie déployée, le secteur des soins pèche par manque d’efficacité.
Les freins récurrents au changement positif dans les soins
« Ce constat nous a fait réfléchir et nous interroger : comment expliquer que ces efforts s’enlisent ? », poursuit Sarah. Avec son équipe, elle a donc mené un grand nombre d’entretiens approfondis avec les parties prenantes, afin de mieux comprendre. Ces échanges ont révélé des blocages récurrents qui freinent le changement positif, par exemple des phrases telles que « oui, cela devrait être différent, mais je n’ose pas » ou « je suis trop jeune, je n’ai pas la compétence ». Mais aussi des affirmations inverses, comme « on a toujours fait comme ça », « c’est à ma hiérarchie de s’en charger » ou « ça prendra beaucoup trop de temps, en plus cela ne correspond pas à la vision de l’organisation ». Tout cela forme donc un cocktail complexe de raisons…
Autour de ce noyau à quatre dimensions gravitent également trois cercles : « On retrouve le cercle du bénéficiaire, celui du soignant et celui de l’organisation. Au total, on obtient donc douze zones où peuvent se manifester les tensions », décrypte Sarah. « Lorsque vous analysez un problème concret dans ce cadre, vous élargissez votre regard et vous constatez alors qu’un blocage spécifique est souvent lié à un ou plusieurs aspects, présents dans les trois cercles. »
Dans les faits, le modèle COZI permet aux professionnels des soins d’apprendre à ne pas restreindre leur regard à cause de la pression, mais au contraire à voir plus large. « Nous avons tendance à qualifier de “bénéficiaire difficile” un usager qui pose problème, ou de “chef exigeant” un responsable qui demande du changement. Or, ces situations sont souvent des miroirs, car elles révèlent davantage ce qui se joue sous les radars. Ce sont, en réalité, des opportunités de croissance par la voie du changement », indique Sarah.
Au fil du temps, le modèle COZI a été adopté par plusieurs organisations de soins. « Dans l’aide à la jeunesse ou au sein des CPAS, mais je travaille aussi sur une adaptation du modèle au secteur de l’éducation. Et pour cause, cet outil sera certainement très utile dans le cadre de projets liés à l’enseignement inclusif. »

